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L'âme de cette région, ce n'est pas seulement des paysages, des sources d'eau claire et le chant des cigales, c'est aussi une histoire. L'histoire des Basses-Alpes et plus particulièrement du pays de Sisteron, dont fait partie Les Naux, est une histoire riche de l'Antiquité à nos jours. Quelques faits marquants ont laissé des souvenirs précis dans la mémoire des habitants.

Ainsi, au fil de notre visite et de notre route vers Les Naux, nous voyons défiler les Romains aussi bien que les troupes napoléoniennes.

La Pierre Écrite

Quand on quitte Sisteron vers Les Naux, en passant le pont de La Baume pour emprunter la D3, après avoir traversé déjà des paysages somptueux en direction de Saint-Geniez, on arrive, un peu avant ce village, au défilé de la Pierre Écrite.

Tout près des Naux, ce vestige romain capital gravé dans la pierre est dédié à Dardanus. Cette inscription datant du Ve siècle fait la fierté des habitants de la région. Voici la traduction qu'en fit Edouard de Laplane, grand historien sisteronais du XIXe siècle. Il y eut beaucoup de reproductions et de traductions de ce texte, et si nous choisissons celle-ci, c'est un peu pour rendre hommage au grand homme qui l'effectua. De plus, il s'agit là de la plus poétique :


La pierre Écrite est situé à 3 Km à vol d'oiseaux de Naux 

 " Claudius Postumus Dardanus, homme illustre, revêtu de la dignité de Patrice, ex-consulaire de la province viennoise, ex-maître des requêtes, ex-questeur, ex-prêteur des Gaules, et Nevia Galla, noble et illustre dame, son épouse, ayant fait tailler les flancs de la montagne de chaque côté, ont donné des routes praticables au lieu nommé Théopolis, lieu qu'ils ont fortifié par des murs et des portes. Ce travail à été exécuté dans leur propriété particulière, mais ils ont voulu néanmoins qu'il serve à la protection de tous ; il a été fait encore avec l'aide de Claudius Lepidus, homme illustre, compagnon et frère du sus-mentionné, ex-consulaire de la province romaine, ex-secrétaire de la province de l'Empire, ex-intendant des affaires privées. Afin que leur sollicitude pour le salut de tous et un témoignage de la reconnaissance publique puissent être montrés par cette inscription. "

Une autre traduction, celle de M. Millin, beaucoup plus récente, induit un autre sens quant au rôle du frère de Dardanus, Lepidus :

"Claudius Postumus Dardanus, homme illustre, revêtu de la dignité de Patrice, ex-gouverneur consulaire de la province viennoise, ex-maître des requêtes, ex-questeur, ex-préfet du prétoire des Gaules, et Nevia Galla, femme clarissime et illustre épouse, ont procuré à la ville appelée Théopolis l'usage des routes, en faisant tailler des deux côtés les flancs de ces montagnes, et lui ont donné des portes et des murailles. Tout cela a été fait sur leur propre terrain : mais ils ont voulu le rendre commun pour la sûreté de tous. Cette inscription a été placée par les soins de Claudius Lépidus, comte et frère de l'homme déjà cité, ex-consulaire de la Germanie, ex-maître du conseil des mémoires, ex-comte des revenus particuliers de l'empire, afin de pouvoir montrer leur sollicitude pour le salut de tous, et d'être un témoignage écrit de la reconnaissance publique. "

Nous laissons les latinistes plus éminents que nous départager ces deux chercheurs....

Dardanus vivait sous le règne d'Honorius. En 409 après Jésus Christ, il fut revêtu de la dignité Patrice, cité avec distinction par saint Jérôme et saint Augustin, mais traité de scélérat par Sidoine Apollinaire. La fondation reste aussi controversée que l'aspect moral de Dardanus. En fait, certains auraient aimé y voir la fondation d'une ville, Théopolis, mais on ne la retrouve jamais ensuite nulle part, sauf peut-être sous la forme plus celte de Théoux, qui n'est aujourd'hui qu'un hameau. Mais cela semble peu probable. Le plus probable est que Dardanus et sa femme aient conçu et construit dans ce défilé désertique une forteresse capable de les protéger des Barbares qui envahissaient alors l'Europe occidentale.

De toutes façons il ne reste rien de ce que Dardanus, sa femme et son frère avaient fondé, mais cette pierre laisse une trace troublante de cette période conflictuelle qu'est la fin de l'Antiquité. Le défilé en lui-même est redevenu un désert dans lequel s'installèrent à une époque plus tardive, au XIIIe siècle, des cénobites à Chardavon.

Ce défilé constitue une ballade exceptionnelle et la Pierre Écrite un vestige émouvant.

Consulter au préalable la carte extraite du très intéressant livre de H.P Tournier  "Trois noms pour une cité" situant Naux par rapport à Théopolis cela permettra de mieux rêver et de faire un véritable voyage dans le temps.( voir les référence de ce livre dans notre rubrique livre)

 

www.cplus.fr/html/ete97
Les pages de  Roger Corréard, surnommé Dardanus par les habitants de Saint Geniez. Cet ancien militaire, né au pays, n'en démord pas : la cité existe. Depuis bientôt trente ans, il archive tout ce qui se rapporte de près ou de loin à ce mystère. Même s'il reste bredouille, il garde l'espoir...

L'histoire de Théopolis

Voir l'intéressant récit de Théopolis extrait du bulletin de l'instruction primaire du département  des Basses Alpes de 1950 publié sous la direction de l'inspecteur d'académie Gaston Goireau, retrouvé dans l'école des Naux. Le numéro spécial de ce bulletin visait à enseigner l'histoire locale aux petits écoliers. L'histoire locale devant servir de point de départ en vue de l'histoire nationale. Parmi les 4 récits publiés dans ce bulletin figure l'histoire de l'énigme de Théopolis cité de Dardanus. Histoire qui nous concerne puisque cette Théopolis se situait peut être à quelques centaines de mètre des Naux sur le terrasse de Chardavon.

 

La route Napoléon

Cette route n'est autre que l'actuelle N85 que l'on suit  depuis de Grenoble jusqu'à Gap en passant par Sisteron. Elle fut empruntée par l'empereur lors de son retour de l'Ile d'Elbe. Il passa par Sisteron les 4 et 5 mars 1815. En fait, Sisteron devait être prise avant que la défense royaliste ne s'y organise, ce que Napoléon n'eut aucun mal à faire. Après y avoir envoyé des troupes, le 4, il entra dans Sisteron le 5. On raconte qu'il fut accueilli fraîchement par la population, mais qu'une jeune ouvrière s'approcha du glorieux cavalier qui allait reprendre le pouvoir pour 100 jours, portant un drapeau tricolore confectionné par ses soins avec une de ses amies. Elle raccompagna l'Empereur jusqu'au pont du Buëch, "la main posée sur un de [ses] genoux ". Les Sisteronais ne sont pas peu fiers que leur route ait été foulée par le grand homme.

Pour Les Naux, quitter la N85 et traverser la Durance à Sisteron. Prendre la D3 en direction de Saint-Geniez.

Pour en savoir plus, www.sisteron.com/francais/html/histoire/historik/napol.htm 


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